Jubilé d’Argent Fr. Théo et Article: Le monde à genoux

Ubole Koshi Théotime

25 ans de vie religieuse (1/10/95 – 1/10/20)

Nos sincères félicitations !

Ubole Koshi Théotime est né le 17/4/66 à Kilembe, diocèse d’Idiofa. Il a fait connaissance de la SVD à partir du Fr. Fortunat Atitung, quand ce dernier a commencé le 1/11/89 à l’ISDR (Institut Supérieur de Développement Rural à Mbeo) pour faire le graduat. Le Fr. Fortunat y rencontra dans un groupe de vocations qu’il avait formé, le jeune Théo Ubole qui prit goût de la SVD. Théo entra au noviciat à Bandundu en 1993 et émit les premiers vœux le 1er octobre 1995. Il fut envoyé à NGONDI, où il fut nommé responsable de l’élevage que le P. Hoff avait repris en 1994, quand le Fr. Fortunat fut envoyé “en rotation” au Paraguay.

Lorsqu’ en 1999, le Fr. Fortunat rentra du Paraguay pour Ngondi, il reprit la responsabilité de l’élevage et le Fr. Théo devint libre pour continuer ses études au Caméroun. En 2005, avec la nouvelle équipe provinciale, le frère Fortunat fut muté pour la communauté Saint-Paul à Bandundu. La charge de l’élevage revint de nouveau au Fr. Théo. Ce dernier partit une deuxième fois pour sa formation au Caméroun. A part ces deux périodes d’études au Caméroun, le Fr. Théo a passé toutes les années jusqu’en 2017 à Ngondi. Depuis que le P. Schweizer était à Ngondi, le Fr. Théo fut libéré de la charge de l’élévage qui fut assumée successivement par le P. Schweizer, le P. Triebel, le P. Mabwisi et le Fr. Musongi Lazare (actuellement “nulli stationi adscriptus”) et, après le départ de ce dernier pour Kinshasa, par le P. Aloïs Szczeponek qui vient aussi de quitter le Congo. C’est le P. Damien Ifalambanga qui lui a succédé. Le Fr. Théo s’occupait du Centre Sychar et donnait des cours sur le déloppement par-ci et par-là. Il assumait aussi la fonction du praeses de la communauté. A partir de 2006, avec l’arrivée du P. Schweizer, les deux faisaient des démarches pour créer le Complexe Scolaire Saint-Joseph, dont il (le Fr. Théo) est le cofondateur.

Le Complexe scolaire Saint-Joseph/Ngondi : a ouvert ses portes en 2008 avec la section Maternelle, sous la responsabilité du P. Schweizer. Pendant l’année scolaire 2015/16 cette école qui a trouvé son emplacement près de la grande route en proximité de l’entrée vers Ngondi, comptait : 2 classes de l’Ecole Maternelle avec 20 enfants et 3 agents, 10 classes de l’Ecole Primaire avec 388 élèves et 11 agents et 5 classes de l’Ecole Secondaire/Humanités du 1er C.O. jusqu’en 4ème des Humanités : 10 classes avec 282 élèves et 20 agents (N.U.). Les Humanités ont les sections de Pédagogie Générale (peu d’élèves), Ebénisterie (Menuiserie avec peu d’élèves), Mécanique Générale et de Construction. Actuellement l’école est dirigée par le Fr. Job Nzambinzeye. Dans le passé elle a trop souvent dû changer les chefs d’établissement. Jusqu’aujourd’hui l’école a des problèmes pour la mécanisation de son personnel.

Au niveau de la Province, le Fr. Théo a assumé plusieurs tâches importantes, notamment comme Conseiller provincial, Coordinateur de JPIC et Préfet des jeunes frères en formation (Prf.fr.l.jun.). Il assume cette dernière responsabilité jusqu’à nos jours. En 2017 le Fr. Théo fut muté pour Kikwit, où il continue ses activités de professeur et où il s’occupe de l’avancement des travaux dans la parcelle-SVD à Kikwit IV. Le Fr. Théo n’enseigne pas seulement, mais il écrit aussi. Voici 2 publications :  “Justice et Paix en RDCongo : Un enchaînement pour le développement. Analyses et réponses”. Editions Média Paul, 2011 (120 pages) et “RDCongo : Terre de potentialités, d’opportunités, de convoitises et de pillages. Dès origines à nos jours”. Editions de CEPAS, Kinshasa 2017, 326 pages. Sont en voie de publication : “Les dix clés facteurs de réussites d’un projet agro-pastorale” et “Les dangers de l’abondance : quel avenir pour l’humanité ?” Nous remercions le Fr. Théo pour tout ce qu’il a fait et continue à faire pour notre Province. Que le Seigneur lui prête longue vie et fidélité dans la vie religieuse et missionnaire.

Hugo Tewes

Voici encore un article des PP. Szczeponek et Tsunda sur COVID-19

Le monde à genoux face à la pandémie du covid-19, à Kikwit ça jacasse !

Le premier trimestre de l’an 2020 a bouleversé la planète ; une épidémie annoncée en décembre dernier, dans la ville chinoise de Wuhan, ne semblait pas encore inquiéter le vieux continent, ni la mère Afrique, moins encore l’Amérique. Elle était très loin de nos murs. Surprise : tel un incendie lusitanien carbonisant tout sur son passage, le covid-19 n’épargne personne. Il ravage l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, etc. L’état d’urgence sanitaire sera décrété partout. Les avions seront cloués au sol, indexés comme premier véhicule du petit virus mortel. Les amoureux de belles-lettres se souviendront de la mémorable récitation : « les animaux malades de la peste ». La voix intérieure tintinnabule au souvenir : « ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ». Oui, nous sommes frappés, car ne jouissant plus de notre liberté. Les familles sont confinées, poursuivies chacune jusque dans son dernier retranchement.

Pas à Kikwit ! Le commun de mortel n’y croit pas. Pourquoi fermer les écoles et églises, s’exclame-t-il d’un air abassourdi ! Il en veut aux décideurs ! Toutes les mesures-barrières empêchant la propagation du petit virus mortel ne viennent que perturber la fête de la vie selon lui. La vie continue, les rues toujours pleines de monde. L’espace sonore urbain à Kikwit continue son bonhomme de chemin, à l’exception des tintamarres des églises dites de réveil que le pouvoir public a réduites au silence. Cependant, nos efforts de sensibilisation à la grande prudence et à l’observance des gestes-barrière paraissent vains ! Le frère Théo Ubole faisant partie de l’équipe de sensibilisation à la radio Tomisa est resté très actif dans cette mission. Néanmoins, à Saint Pierre, les messes connaissent la participation des sœurs de Providence de Champion et celles de Marie au Kwango voisines, ainsi que celle du duo arnoldien. Certes, nous n’avons pas eu de messe en poussière à Pâques, mais la joie du Ressuscité nous réconforte le cœur ! En outre, confinés, nous devrons nous débrouiller face au défi de l’heure : Coupe d’un palmier mort regorgeant la précieuse larve (mafulu) qui enrichit les mets du terroir, coupe de bois de chauffage, labour du jardin potager, etc.

A Ngondi, le confinement connaît son rythme à lui. En effet, c’est depuis fin mars que la maison est réduite à quatre confrères, les portes ayant été fermées aux visiteurs externes, à l’exceptiondu Gouverneur du Kwilu et de son Ministre de transport qui, en avril, ont passé quelques joursau Centre. Comme conseillé en cette période de la pandémie, les règles d’hygiène sont scrupuleusement observées.  Les messes, quant à elles, connaissent la participation des membres de la communauté, mais à la veillée Pascale et le Dimanche de Pâques, deux familles de nos travailleurs ont rejoint la communauté en prière. Le garage et la menuiserie quant à eux restent ouverts. En dépit du chapitre de covid-19 qui bouleverse le monde, une autre épidémie sévit dans la région ; cette dernière est plutôt bovine. Elle a semé la désolation à Feshi, Idiofa, Kikwit, etc. Elle n’a pas épargné l’élevage de Ngondi, en avril dernier, réduisant l’effectif de huit bêtes dont quatre petits veaux. Nonobstant, une réunion du district de Ngondi pour laquelle les pères Corneille et Martino se sont déplacés, s’est tenue afin d’évaluer les rapports sur les confrères en OTP Jean Baptiste et Pierre, après quoi l’évaluation a été sanctionnée par un vote. En outre, le programme de reboisement continue.

Nous sommes jusque-là épargnés de la pandémie qui crée le scepticisme dans le chef du commun de mortel, nourri par le polémique cas de l’unique malade au covid-19 d’Idiofa. Entre-temps, les nouvelles fusant de l’augmentation des cas de contaminés, à Kinshasa, ne font qu’inquiéter. Sera-t-elle maîtrisée dans les prochaines semaines ? Quant à nous, nous continuons sans relâche la sensibilisation sur la pratique de lavage des mains, de distanciation sociale, etc.

Alojzy Szczeponek et Benoît-Serge Tsunda