Homélie du 17ème Dimanche Temps Ordinaire, Année C

Par Père Nicolas Makolo, svd Gn 18, 20-32 / Col 2, 12-14 / Lc 11, 1-13

Beaucoup de chrétiens passent des jours et nuits dans la prière, mais ne reçoivent pas ce dont ils demandent à Dieu. Comment prier ? Quelle est la manière, la forme de la prière acceptable par Dieu ? La première lecture de ce dimanche, focalise notre attention sur l’une des formes de la prière. Il s’agit donc de la prière d’intercession. Oui, la prière d’un juste est une bénédiction pour les impies et « le Seigneur a les yeux sur les justes et tend l’oreille à leur prière »(1P3, 12).

Sodome et Gomorrhe ont placé le mal, au centre de leur vie et ont pratiqué ce qui est mal aux yeux de Dieu ; Dieu décide de détruire ces deux nations à cause de la gravité de leur péchés. « …leur péché est bien grave, je veux descendre et voir s’ils ont fait ou non… » (Gn 18, 20-21). Quand Dieu voit la gravité des péchés des hommes sur terre, il décide lui-même par rapport à la vie ou la mort de son peuple. Mais parce que Dieu ne veut pas la mort d’un impie, il revient à son amour créateur et pardonne. La prière d’intercession d’Abraham joue un grand rôle pour sauver son peuple, Dieu ne détruira pas ces nations grâce à quelques justes qui s’y trouvent. Dans cette prière d’intercession, Abraham veut savoir le nombre des jutes pour que la vie de son peuple soit sauvée.

Sachant que le mal avait dominé au bien, il serait difficile de trouver 100 justes, c-à-d les craignant Dieu, il propose 50. Une équation difficile pour Abraham de trouver 50 justes dans sa nation, vu le degré des péchés consommés. Même pas 40 justes, ni 30, moins encore 20 ; Sans se lasser, il retourne vers Dieu et propose finalement 10 justes. Dieu répond à la requête d’Abraham en disant : « à cause des 10 justes, je ne détruirai pas» (Gn 18, 32).

La prière d’Abraham est à la fois, une demande, une négociation, une supplication…En lisant ce texte, on se rend compte que Abraham ne se fatigue pas de retourner vers son Dieu, surtout lorsqu’il est dans l’impossible.

Chers frères, la prière est caractérisée par la patience, persévérance, confiance, conviction, espérance, assiduité, insistance et courage. Dieu écoute la prière des justes et il accompli les désirs de leur cœurs. Prier ne signifie pas imposer ma volonté à Dieu, mais demander sa volonté en moi. Que Dieu face en moi ce qu’il veut. Qu’il nous rende disponibles à sa volonté et à son projet du salut. Prier ne signifie pas changer Dieu, ni sa nature.

Par contre, Prier signifie demander lui de nous changer, de faire de nous ses fils. Saint Augustin disait : « notre prière n’ajoute rien à ce que Dieu est. Elle ne change pas la nature de Dieu, mais elle nous rapproche à Dieu ». Combien de fois je me suis sacrifié pour le salut de mes frères et sœurs ? Combien de fois j’ai pris mon temps de prier et d’intercéder pour ma famille, mes enfants, mon mari, ma femme, ma nation, pour nos prêtres, nos dirigeants politiques. Combien de fois je me suis fait Abraham en demandant la miséricorde de Dieu sur notre nation et notre vie ?

Dans l’évangile de ce Dimanche, nous assistons à une pédagogie de la prière. Jésus apprend à ses disciples à prier. Dans la tradition juive, tout maitre avait sa méthode de prier et il devrait par la suite l’apprendre à ses disciples. Jean Baptiste est l’un des maitres qui avait appris à ses disciples la méthode de la prière, et ses disciples la pratiquaient quotidiennement dans des monastères à Qumran. Les pharisiens eux aussi avaient leur façon de prier, et ils la faisaient spontanément, parfois dans des places publiques, dans les rues, débout avec des longues robes.

Soucieux d’avoir eux aussi, une forme de prière propre en eux, un des disciples se permet de demander à son maitre de leur apprendre à prier, il dit : « Seigneur apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l’a appris à ses disciples » (Lc 11,1). A l’inquiétude des disciples d’avoir une prière à eux comme les autres, Jésus apprécie le désir des disciples et il ne tarde pas à leur apprendre à prier.

La prière que Jésus leur apprend aujourd’hui s’appelle Notre Père. Et chacun peut le dire dans sa langue maternelle. Une prière spécifique, composé de 5 demandes. Jésus leur dit, lorsque vous priez dites : « Père ». Ne dites pas Mère, ni oncle, ne dites pas frère, ne dite pas mon fiancé, ni mon cœur, ne dites pas mon partenaire, ne cite pas le nom de n’importe qui sur terre, mais dites, « Père ». Parce que le Père de Jésus est le Dieu créateur, à qui toute prière doit être adressée, Il est Père, vrai Père.

Et quand le nom du Père est cité avec respect, on peut donc introduire sa première demande – Que ton nom soit sanctifié. Seul le nom de Dieu est sanctifié pour toujours. Le nom de Dieu est saint, sacré, sans tache, sans péché. Ce nom du Père mérite, le respect, l’honneur, la louange, la gloire, l’adoration, l’acclamation…Poses-toi cette question, quel nom sanctifie-je en privé ?

– Deuxième demande : Que ton règne vienne. Le règne de Dieu à demander, c’est la paix, la joie, l’amour, le dialogue, le pardon, le service, le partage, compassion…

– Troisième demande : Donne-nous chaque jour notre pain quotidien. Le pain que nous demandons à Dieu dépend d’une personne à une autre. Il s’agit du désir de ton cœur. Pour certains le pain dont on parle ici peut être : la foi, l’espérance, la paix, les enfants, la réussite, un bon travail, un bon mariage, le voyage, l’intelligence, la sagesse, le courage, la force… chers frères, beaucoup de nous récitent cette prière, peut être sans entrer en profondeur de chaque mot. Quand vous prière le Notre Père et arriver à cette demande, stopper un peu svp, et commence à citer le pain quotidien de votre vie. Souvenez-vous de l’épisode de Bartimée, lorsque Jésus lui dit « que veux-tu que je fasse pour toi » (Mc 10, 51). vous allez vous rendre compte que le vrai pain quotidien de Bartimée, était la vue.

– La quatrième demande c’est la rémission des péchés, le pardon des péchés. Pour recevoir le pain quotidien, il faut être conscient de son état spirituel. Car le « Seigneur tourne sa face contre la prière de ceux qui font le mal » (1P3, 12). Quand nous ne reconnaissons pas nos péchés devant Dieu, et quand nous ne pardonnons pas à ceux qui nous font du mal, il est difficile de recevoir le pain quotidien que nous demandons à Dieu. car l’efficacité de la prière c’est dans le pardon.

Jésus le dira « et quand vous êtes debout en prière en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, remettez lui, afin que votre Père qui est aux cieux vous remette aussi vos offenses »(Mc 11, 25). Dans Mt 5, 23-24, il est dit: « quand donc tu présentes ton offrandes à l’autel, si là tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis viens, et présente ton offrande ». l’offrande dont on parle ici, c’est la prière, nos intentions de prières, nos demandes, notre pain quotidien.

– La dernière demande consiste à implorer la force de Dieu de ne pas nous soumettre à la tentation. Dans notre vie chrétienne, nous sommes dans un monde de contrariété où la force du mal nous bouscule avec ses désirs mondains : le pouvoir, l’argent, le avoir, les richesses, le matérialisme. Face à ce genre des choses, beaucoup sont capables de céder aux tentations du diable.

Dans notre église, la prière de Notre Père est devenue pour certains, une simple récitation scolaire. Et pour d’autres, un rabâchement ; alors que Jésus ne veut pas qu’on rabâche en priant. Il dit « Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens… » (Mt 6, 7-8). Beaucoup de gens prient, mais peu seulement reçoivent ce dont ils demandent à notre Père.

La conviction, le pardon, la persévérance, le respect, l’assiduité, la confiance, l’Esperance, le courage, la foi… sont les éléments qui peuvent t’aider pour que ta prière soit vraiment exaucée.

Prends le temps de méditer seul en silence sur les mots de cette prière de Notre Père.

Que Dieu vous bénisse et vous Protège, Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit, Amen.

Bon Dimanche à tous

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