Hosanna pour le fils de David

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – Année B

Textes: Is 50, 4-7; Ps 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a; Ph 2, 6-11; Mc 14, 1 – 15, 47

Nous célébrons le dimanche des Rameaux, l’entrée de Jésus à Jérusalem, pour nous introduire dans la Semaine Sainte, le Triduum Pascal jusqu’à la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ tel que nous relatent les textes liturgiques. En effet, à l’époque, la montée des pèlerins à Jérusalem pour la fête de Pâque était un événement d’une grande importance, se faisant toujours en groupes et cela impliquait la liturgie et la joie (chanter, danser, secouer des bouquets ou autres objets voyants) parce que l’agneau pascal devait être immolé dans le temple et se manger à Jérusalem. C’est ainsi que les quatre Évangiles le racontent, mais chez Matthieu et Jean, nous trouvons la vraie raison du récit : C’est ainsi que se réalisa la parole du prophète « Ne crains pas, Sion, ô ma fille, voici que ton roi vient à toi, monté sur le petit d’une ânesse » (Zacharie 9, 9).

« Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu », nous dit le prophète Isaïe (50,4). Nous sommes au meilleur moment de l’année pour prendre conscience de la cohérence de toute la vie de Jésus annoncée par les prophètes depuis la nuit des temps. Réalisant les conséquences de ses actes, le Seigneur Jésus ne prend pas de recul et les accepte pleinement avec responsabilité. C’est un avertissement pour nous qui sommes toujours en train d’adapter notre comportement pour éviter des conséquences désagréables et pénibles de nos choix.

Nous savons que notre plénitude consiste à nous donner aux autres, mais nous continuons à calculer nos actions, en fixant des limites « raisonnables » à notre dévouement ; sans réaliser qu’un amour calculé n’est rien d’autre qu’un égoïsme camouflé. Nous le voyons dans nos prises de positions, quand cela nous arrange pour sauvegarder notre pouvoir, nos intérêts personnels. On n’hésite pas à sacrificier les innocents, quelquefois en les collant les fautes, les péchés que nous faisons dans le noir.

Aujourd’hui, il semble clair que ce ne sont pas toutes les personnes en prison qui sont des malfaiteurs, des brigands, des rebelles. Peut-être les vrais responsables sont toujours dans leurs costumes, vivant comme des princes/princesses. Et chacun de nous le sait bien.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15,34) En réalité, la mort de Jésus est la conséquence directe d’un rejet frontal et absolu de la part des autorités et des chefs religieuses de son peuple. Ils ont rejeté ses enseignements et sa personne pour avoir essayé de purifier la religion juive.

Ne pensons pas à un rejet gratuit et malintentionné. Les Pharisiens, scribes et prêtres n’étaient pas des gens dépravés qui se sont opposés à Jésus parce qu’il était bon. Mais des gens religieux qui prétendaient être fidèles à la volonté de Dieu, pensaient protéger Dieu dans la Loi : Les chefs religieux ont probablement donné à Pilate des arguments pour qu’il pense que Jésus pouvait être un réel danger pour l’Empire. Alors que pour Jésus, la volonté du Père était prioritaire, mais non pas dans la Loi mais dans l’Homme.

Sa mort manifeste l’essentiel de l’opposition. Et il y a deux dimanches précédents, l’Eglise nous a enseigné à ce propos : d’une part, Jésus était clairement contre l’interprétation de la Loi et le culte du temple, signes sans équivoque de l’anti-prophète. Mais d’autre part, les signes d’amour étaient la preuve que Dieu était avec lui, comme l’a indiqué Nicodème. Il a été tué parce qu’il a dénoncé les autorités qui, par leur façon de comprendre la religion, opprimaient le peuple. Il a été tué pour avoir affirmé, par des actes et des paroles, que la valeur de l’Homme concret est au-dessus de la Loi et du temple.

Somme toute, la passion du Seigneur nous interpelle tous/toutes pour nous transmettre l’attitude de Jésus, qui reflète la plénitude de l’humanité. Par conséquent, l’interprétation de la passion et mort de Jésus détermine la façon dont nous sommes devenus chrétiens / chrétiennes. Être chrétien / chrétienne ce n’est pas monter sur la croix avec Jésus, mais aider à descendre de la croix (ou des croix) de la vie, des personnes crucifiées injustement, que nous pouvons rencontrer aujourd’hui sur notre chemin. C’est dans cet amour que réside le véritable salut. La « puissance » de Dieu se manifeste dans la vie de celui/celle qui est capable d’aimer en donnant tout ce qu’il /elle est.

Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos cœurs. Amen !

P. Roméo Yémso, SVD