Jésus est le don de Dieu pour l’humanité

Quatrième dimanche du Temps de Carême, Année B

Laetare Domine et Deuxième Scrutin Des Catéchumènes.

Textes : 2 Ch 36, 14-16.19-23 ; Ps 136 (137), 1-2.3.4-5.6 ; Ep 2, 4-10 ; Jn 3, 14-21

En ce 4ème dimanche de Carême appelé « dimanche de la Joie », pour marquer une petite pause dans notre marche vers la Montée de Jérusalem, les textes liturgiques nous surprennent par un mot que beaucoup d’entre nous ne comprenons pas très bien ou ne voulons même entendre dans ce moment critique de notre histoire : il s’agit de la Croix, l’exaltation de la Sainte Croix de Jésus qui sauve le monde car le Salut nous est venu par la Croix. Qui veut porter sa croix ? Ou bien qui n’a pas de croix dans sa vie ?

Pourtant Jésus nous dit : Que celui/celle qui me veut suivre, qu’il porte sa croix, clairement pas la croix des autres. Les lectures nous font découvrir en profondeur que notre portement de croix à la suite du Christ se fait dans la Joie de l’Évangile, au cœur de ce monde méchant et incompréhensible pour les justes et les innocents.

Mais, Dieu a prouvé son amour pour le monde. L’amour est devenu visible en un acte divin. Il ne s’adresse pas seulement aux chrétiens, mais au monde. Jésus est le don de Dieu à l’humanité : « Donner Son fils » ne signifie pas seulement l’incarnation, mais la passion-crucifixion, la résurrection. Pour Saint Jean, Jésus est envoyé dans/pour le monde.

La 1ère lecture nous fait revivre la déportation et l’esclavage du peuple Israël à Babylone (609-538 av. J.-C) et la fin de son exil matérialisé par l’édit de Cyrus, un roi païen. Cette déportation avait été prédite par quelques prophètes d’Israël tels que Isaïe, annoncée par Jérémie, et conclue par Ezéchiel qui en a tiré quelques leçons pour le peuple de cet événement politique humiliant.

De l’Égypte à Babylone, les Hébreux errent partout à la recherche de leur terre, du temple, du vrai roi à cause de leurs infidélités, de leur imitation aveugle, des abominations des voisins. Des expériences sur expériences ainsi que « la colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la délivrance du peuple ». Dieu reste fidèle dans notre histoire. Aussi la même chose était arrivée sur le chemin de l’Exode, quand le peuple rebelle fut châtié par les serpents : Moïse éleva le serpent dans le désert (Jn 3, 14) et le peuple trouva la vie et le salut.

En effet, nous nous approchons de Jérusalem, Jésus va être mis sur la Croix et de là, il attirera toute l’humanité à lui, pour accomplir ce que son nom signifie : Dieu sauve. Tous ceux qui croient auront la vie éternelle.

Que tirons-nous des expériences que le Seigneur nous fait traverser dans notre vie de chaque jour ? Cherchons-nous à retourner vers lui pour de bon ? Ou continuons-nous toujours à fermer notre cœur à son appel ?

Descendons un peu aujourd’hui dans notre vie, à l’intérieur de nous-mêmes. Le véritable salut ne peut venir de l’extérieur ; il doit venir du plus profond de notre être. Tout ce qui dépend de Dieu est déjà fait. Pour que notre salut soit accompli et effectif, il faut notre adhésion et notre participation active : « Dieu qui nous a créé sans nous ne nous sauvera pas sans nous », nous dit Saint Augustin.

Le dimanche dernier, Jésus a critiqué le culte du temple. Aujourd’hui, il s’en prend à la façon dont les pharisiens interprètent la loi (Torah). Dans les deux cas, il s’agit d’anciennes institutions vides de contenu qu’il convient de remplacer.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle interprétation (c’est ce que cherche Nicodème), mais de quelque chose de complètement différent : « il nous faut renaître d’en haut, de l’Esprit de Dieu ». Et Nicodème (docteur) venait la nuit, mais Jésus lui demande de venir à la lumière. Il croyait se trouver devant un docteur, mais il se rend compte qu’il est en face de la Lumière du monde. Il croyait que Dieu est avec Jésus, mais il découvre que Dieu est en Jésus (le Père et moi nous sommes un). Il croyait l’entendre de l’extérieur, mais il est surpris l’entendre de l’intérieur de son cœur, dans ce secret dont nul n’a la clé que lui-même.

Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos cœurs. Amen !

P. Roméo Yémso, Svd