Préparons le Chemin du Seigneur dans la Joie

3ème dimanche du Temps de l’Avent, Année B.

Textes: Is 61, 1-2a.10-11; Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54; 1 Th 5, 16-24; Jn 1, 6-8.19-28.

Nous sommes au dimanche de la Joie (« Gaudete in Domino Semper, iterum dico, gaudete ! », ceci remonte à la Tradition latine), car « au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ». En effet, les lectures de ce 3ème dimanche nous encouragent à nous réjouir parce que notre salut est proche.

La 1ère lecture annonce la venue du Messie, l’Oint de Dieu. Le cantique évangélique est le Magnificat : « Mon âme se réjouit en mon Dieu ». La 2ème lecture quant à elle, nous encourage à nous réjouir, à prier et à rendre grâce. Et dans l’évangile johannique, Jean-Baptiste dit aux prêtres et lévites qu’il n’est pas le Christ, mais que le Messie vient. Est-ce bien le moment de se réjouir ou devons-nous attendre que tout soit enfin plus certain et plus paisible?

Qu’est-ce que la Joie chrétienne ? L’antienne d’ouverture « Gaudete » nous invite à nous immerger dans un esprit de joie, de prière et de gratitude continues. Le prophète Isaïe (Second Isaïe, au temps du retour d’exil, entre 535-520) nous proclame :« Je tressaille de joie dans le Seigneur » et Saint Paul nous écrit « Réjouissez-vous toujours, priez sans cesse, rendez grâces en toutes circonstances », résumant l’essence de la vie chrétienne, particulièrement poignante au temps de l’Avent.

Cet appel à la joie perpétuelle n’est pas une invitation à ignorer les réalités de la douleur ou de la souffrance, mais à maintenir une attitude d’espérance face aux défis de la vie. L’anticipation joyeuse de la venue du Christ nous rappelle que la joie n’est pas enracinée dans nos circonstances actuelles, mais dans la promesse de la présence fidèle de Dieu et du salut ultime : « Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la venue du Seigneur » (1Th 5, 23).

Qui est vraiment Jean-Baptiste ? Avons-nous toujours besoin de lui aujourd’hui dans notre société, notre communauté, notre famille ? Ou bien, comment interprétons-nous le concept d’être « porteur de la lumière » du Christ dans notre communauté et à notre proche ? Puissions-nous donner des exemples concrets de la façon dont nous avons témoigné ou pouvons témoigner de la lumière du Christ dans nos interactions quotidiennes.

  • Témoignage de la lumière : Le rôle de Jean-Baptiste en tant que témoin de la lumière, qui est Jésus, est souligné. Ce thème souligne l’importance de témoigner de Jésus comme la vraie Lumière qui apporte la vérité et la vie divines.
  • Identité et mission de Jean-Baptiste : Le démenti clair de Jean-Baptiste d’être le Christ, Élie ou le Prophète reflète sa compréhension de sa propre identité et de sa mission. Ce thème illustre l’importance de connaître notre rôle dans le plan de Dieu et d’y rester fidèle.
  • L’humilité dans le service : La déclaration d’indignité de Jean-Baptiste de dénouer les sandales de Jésus montre son humilité. Il enseigne que la vraie grandeur dans le Royaume de Dieu vient de la reconnaissance de sa propre humilité et de la supériorité de Jésus.
  • Préparation au Messie : Le rôle de Jean-Baptiste dans la préparation du chemin pour Jésus souligne le thème de la préparation à la venue du Messie. Elle exige une disponibilité spirituelle et une ouverture d’esprit pour accueillir le Christ dans le monde et notre vie.

Somme toute, en répondant à cet appel, nous nous préparons non seulement à la commémoration de la naissance historique du Christ, mais aussi à Sa Présence continue dans nos vies, nous transformant de l’intérieur et nous préparant à son retour éventuel. « Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, (…), qu’il est un Père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde », nous dit Saint Jean-Paul II.

Que devant la Lumière du Verbe et l’Esprit de Grâce se dissipent les ténèbres du péché et la Nuit de l’incroyance. Et que l’Amour de Jésus habite dans nos cœurs. Amen !

P. Roméo Yémso, SVD